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Les chaînes de produits de base et les crises écologico-épidémiologiques-économiques (I)

Do Alencontre Ecologie27 juin 2020
Por John Bellamy Foster et Intan Suwandi



Le Covid-19 a accentué comme jamais auparavant les vulnérabilités écologiques, épidémiologiques et économiques interdépendantes imposées par le capitalisme. Alors que le monde entre dans la troisième décennie du XXIe siècle, nous assistons à l’émergence d’un «capitalisme catastrophe»: la crise structurelle du système prenant des dimensions planétaires.

Depuis la fin du XXe siècle, la mondialisation capitaliste a de plus en plus adopté la forme de chaînes de marchandises interconnectées contrôlées par des sociétés transnationales, reliant diverses zones de production, principalement dans le «Sud global», avec le pic de la consommation, de la finance et de l’accumulation mondiales, principalement dans le «Nord global». Ces chaînes de marchandises constituent les principaux circuits matériels du capital à l’échelle mondiale qui constituent le phénomène de l’impérialisme tardif caractérisé par la montée du capital financier monopolistique généralisé [1]. Dans ce système, les rentes impériales exorbitantes provenant du contrôle de la production mondiale sont obtenues non seulement par la domination/distribution (arbitrage) mondiale du travail, par laquelle les transnationales ayant leur siège au centre du système surexploitent le travail industriel à la périphérie, mais aussi, de plus en plus, par l’arbitrage mondial des terres, par lequel les transnationales de l’agroalimentaire exproprient des terres (et de la main-d’œuvre) bon marché dans le Sud global afin de produire des cultures d’exportation destinées principalement à être vendues dans le Nord global [2].

En abordant ces circuits complexes du capital dans l’économie mondiale actuelle, les dirigeants d’entreprise se réfèrent à la fois aux chaînes d’approvisionnement et aux chaînes de valeur, les chaînes d’approvisionnement représentant le mouvement du produit physique, et les chaînes de valeur renvoient à la «valeur ajoutée» à chaque maillon de la production, des matières premières jusqu’au produit final [3]. Ce double accent mis sur les chaînes d’approvisionnement et les chaînes de valeur ressemble d’une certaine manière à l’approche plus dialectique développée dans l’analyse de Karl Marx des chaînes de produits de base (commodities) dans la production et l’échange, englobant à la fois les valeurs d’usage et les valeurs d’échange. Dans le premier volume du Capital, Marx a mis en évidence la double réalité des valeurs d’usage des matières naturelles (la «forme naturelle») et des valeurs d’échange (la «forme valeur») présentes dans chaque maillon de «la chaîne générale des métamorphoses qui ont lieu dans le monde des matières premières» [4]. L’approche de Marx a été reprise par Rudolf Hilferding dans son Capital financier, dans lequel il a écrit sur les «maillons de la chaîne des échanges de matières premières» [5].

Dans les années 1980, les théoriciens du système mondial Terence Hopkins et Immanuel Wallerstein ont réintroduit le concept de chaîne de produits de base fondé sur les éléments constitutifs de la théorie marxienne [6]. Néanmoins, ce qui a été généralement perdu dans les analyses marxiennes (et du système mondial) ultérieures des chaînes de produits de base (commodities), qui les traitaient comme des phénomènes exclusivement économiques/valeurs, était l’aspect matériel-écologique des valeurs d’usage. Marx, qui n’a jamais perdu de vue les limites naturelles-matérielles dans lesquelles le circuit du capital se déroulait, avait souligné «le côté négatif, c’est-à-dire destructeur» de la valorisation capitaliste par rapport aux conditions naturelles de production et au métabolisme des êtres humains et de la nature dans son ensemble [7]. La «faille irréparable dans le processus interdépendant du métabolisme social» (la faille métabolique) qui constituait le rapport destructeur du capitalisme à la terre, par lequel il «épuisait le sol» et «forçait à fertiliser les champs anglais avec du guano», était également évidente dans les «épidémies périodiques», résultant des mêmes contradictions organiques du système [8].

Un tel cadre théorique, axé sur les formes doubles et contradictoires des chaînes de commodities, qui intègrent à la fois des valeurs d’usage et des valeurs d’échange, fournit la base pour comprendre les tendances combinées des crises écologiques, épidémiologiques et économiques de l’impérialisme tardif. Il nous permet de percevoir comment le circuit du capital sous l’impérialisme tardif est lié à l’étiologie de la maladie via l’agrobusiness, et comment cela a généré la pandémie Covid-19. Cette même perspective axée sur les chaînes de produits de base nous permet en outre de comprendre comment la perturbation du flux des valeurs d’usage sous la forme de biens matériels et l’interruption du flux de valeur qui en résulte ont généré une crise économique grave et durable. Le résultat fut de pousser une économie déjà stagnante jusqu’au bord du gouffre, menaçant le renversement de la superstructure financière du système. Enfin, au-delà de tout cela, il y a le fossé planétaire bien plus grand engendré par le «capitalisme catastrophe» actuel, qui se manifeste par le changement climatique et le franchissement de diverses frontières planétaires, dont la crise épidémiologique actuelle n’est qu’une autre manifestation dramatique.
Circuits du capital et crises écologico-épidémiologiques

Il est remarquable qu’au cours de la dernière décennie, une nouvelle approche plus holistique de l’étiologie des maladies, fondée sur le principe d’une seule santé pour un monde unique, ait vu le jour, principalement en réponse à l’apparition des maladies zoonotiques récentes (ou zoonoses) telles que le SRAS, le MERS et le H1N1, transmises à l’homme par des animaux non humains, sauvages ou domestiques.

Le modèle «One Health» intègre l’analyse épidémiologique sur une base écologique, en réunissant des écologistes, des médecins, des vétérinaires et des analystes de la santé publique dans une approche qui a une portée mondiale. Cependant, le cadre écologique original qui a motivé «One Health», représentant une nouvelle approche plus complète des zoonoses, a récemment été repris et partiellement annulé par des organisations dominantes telles que la Banque mondiale, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) aux États-Unis. Par conséquent, l’approche multisectorielle de «One Health» a été rapidement convertie en un mode de rassemblement d’intérêts aussi variés que la santé publique, la médecine privée, la santé animale, l’agroalimentaire et les grandes firmes pharmaceutiques pour renforcer la réponse à ce qui est considéré comme des épidémies épisodiques, tout en traduisant la montée d’une ample stratégie des firmes dans laquelle le capital, et plus particulièrement l’agroalimentaire, est l’élément dominant. Il en résulte que les liens entre les crises épidémiologiques et l’économie mondiale capitaliste sont systématiquement minimisés dans ce qui se veut un modèle holistique [9].


Une nouvelle approche révolutionnaire de l’étiologie de la maladie est donc apparue en réponse. Elle est connue sous le nom de «Structural One Health» qui s’appuie de manière critique sur «One Health», mais qui est plutôt enracinée dans la vaste tradition historico-matérialiste. Pour les partisans de la «Structural One Health», la clé consiste à déterminer comment les pandémies dans l’économie mondiale contemporaine sont liées aux circuits des capitaux qui modifient rapidement les conditions environnementales.

Une équipe de scientifiques, dont Rodrick Wallace, Luis Fernando Chaves, Luke R. Bergmann, Constância Ayres, Lenny Hogerwerf, Richard Kock et Robert G. Wallace, ont écrit ensemble une série d’ouvrages tels que Clear-Cutting Disease Control: Capital-Led Deforestation, Public Health Austerity, and Vector-Borne Infection (Ed. Springer 2018) et, plus récemment, «COVID-19 and Circuits of Capital» (par Rob Wallace, Alex Liebman, Luis Fernando Chaves, et Rodrick Wallace) dans le numéro de mai 2020 de la Monthly Review. La santé structurelle est définie comme «un nouveau domaine, [qui] examine les impacts des circuits mondiaux du capital et d’autres contextes fondamentaux, y compris les histoires culturelles profondes, sur l’agroéconomie régionale et la dynamique des maladies associées entre les espèces» [10].

L’approche historico-matérialiste révolutionnaire représentée par la «Structural One Health» s’écarte de l’approche «One Health» classique: 1° en se concentrant sur les chaînes de produits de base (commodities) comme moteurs des pandémies; 2° en écartant l’approche habituelle des «géographies absolues» qui se concentre sur certains endroits où de nouveaux virus émergent, tout en ne percevant pas les voies de transmission économiques mondiales; 3° en considérant les pandémies non pas comme un problème épisodique ou des événements aléatoires de type «cygne noir», mais plutôt comme le reflet d’une crise structurelle générale du capital, au sens où l’a expliqué István Mészáros dans son ouvrage Beyond Capital (New York University Press, 1995); 4° adopter l’approche de la biologie dialectique, associée aux biologistes de Harvard, Richard Levins et Richard Lewontin, dans The Dialectical Biologist (Harvard University Press, 1985); et 5° insister sur la reconstruction radicale de la société dans son ensemble de manière à promouvoir un «métabolisme planétaire» durable. [11].

Dans son ouvrage Big Farms Make Big Flu (Monthly Review Press, 2016) et ses autres écrits, Robert G. (Rob) Wallace s’inspire des notions de Marx sur les chaînes de production et la faille métabolique, ainsi que de la critique de l’austérité et des privatisations fondée sur la notion du paradoxe de Lauderdale (selon lequel les richesses privées sont renforcées par la destruction des richesses publiques). Les penseurs de cette tradition critique s’appuient donc sur une approche dialectique de la destruction écologique et de l’étiologie de la maladie [12].

Naturellement, la nouvelle épidémiologie historico-matérialiste n’est pas venue de nulle part, mais s’est construite sur une longue tradition de luttes socialistes et d’analyses critiques des épidémies, incluant des contributions historiques telles que 1° La situation de la classe ouvrière en Angleterre en 1844 de Friedrich Engels, qui a exploré la dimension de classe des maladies infectieuses; 2° les propres élaborations de Marx sur les épidémies et les conditions générales de santé dans le Capital; 3° le zoologiste britannique (le protégé de Charles Darwin et Thomas Huxley et l’ami de Marx) E. Ray Lankester qui a traité des sources anthropogéniques des maladies et de leur fondement dans l’agriculture, les marchés et la finance capitalistes dans son Kingdom of Man (1907); et 4° Richard Levins qui a écrit «Is Capitalism a Disease», Monthly Review (2000) [13].

Dans la nouvelle épidémiologie historico-matérialiste associée à la «Structural One Health», il est particulièrement important de reconnaître explicitement le rôle de l’agrobusiness mondial et de l’intégrer à des recherches détaillées sur chaque aspect de l’étiologie de la maladie, en se concentrant sur les nouvelles zoonoses. Ces maladies, comme l’a déclaré Rob Wallace dans Big Farms Make Big Flu, étaient «les retombées biotiques [interaction du vivant sur le vivant dans un écosystème] involontaires des efforts visant à orienter l’ontogenèse et l’écologie animales vers la rentabilité des transnationales», produisant de nouveaux agents pathogènes mortels [14]. L’agriculture offshore consistant en monocultures d’animaux domestiques génétiquement similaires (éliminant les coupe-feu immunitaires), y compris les parcs massifs d’engraissement de porcs et les vastes élevages de volaille, associée à une déforestation rapide et au mélange chaotique d’oiseaux sauvages et d’autres espèces sauvages avec la production animale industrielle – sans exclure les marchés de produits frais avec volaille, fruits de mer, etc. – ont créé les conditions de la propagation de nouveaux agents pathogènes mortels tels que le SRAS, le MERS, le virus Ebola, le H1N1, le H5N1 et maintenant le SRAS-CoV-2. Plus d’un demi-million de personnes dans le monde sont mortes de la grippe H1N1, tandis que les décès dus au CoV-2 du SRAS dépasseront probablement largement ce chiffre [15].

«Les entreprises agroalimentaires, écrit Rob Wallace, déplacent leurs sociétés dans le Sud pour profiter de la main-d’œuvre et des terres bon marché et étendent leur chaîne de production au monde entier» [16]. «Les grippes, nous dit Wallace, émergent maintenant par le biais d’un réseau mondialisé productif d’établissements d’engraissement et de commercialisation, où des souches spécifiques apparaissent pour la première fois. Les troupeaux étant déplacés d’une région à l’autre – transformant la distance spatiale sous la contrainte du juste à temps – de multiples souches de grippe sont continuellement introduites dans des localités où se trouvent des populations d’animaux sensibles» [17].

Il a été démontré que les exploitations avicoles commerciales à grande échelle ont beaucoup plus de chances d’héberger ces zoonoses virulentes. L’analyse de la chaîne de valeur a été utilisée pour retracer l’étiologie de nouveaux cas d’influenza tels que le H5N1 tout au long de la chaîne de production de la volaille [18]. Il a été démontré que l’influenza dans le sud de la Chine émerge dans le contexte d’un «présent historique dans lequel de multiples recombinants [qui a subi une recombinaison génétique] virulents sont issus d’un mélange d’agroécologies ayant leur origine à différentes époques, à la fois par dépendance de la voie de transmission et par contingence: dans ce cas, époque ancienne (riz), début des temps modernes (canards semi-domestiqués) et actuelle (intensification de la volaille)». Cette analyse a également été étendue par des géographes radicaux, tels que Bergmann, qui travaillent sur «la convergence de la biologie et de l’économie au-delà d’une seule chaîne de produits de base et dans le tissu de l’économie mondiale» [19].

Les chaînes mondiales interconnectées de l’agroalimentaire, qui sont à la base de l’apparition de nouvelles zoonoses, font en sorte que ces agents pathogènes se déplacent rapidement d’un endroit à l’autre, en exploitant les chaînes du lien humain et de la mondialisation, les hôtes humains se déplaçant en quelques jours, voire en quelques heures, d’une partie du globe à l’autre. Wallace et ses collègues écrivent dans «COVID-19 and Circuits of Capital»: «Certains agents pathogènes sortent directement des centres de production… Mais beaucoup, comme le Covid-19, proviennent des marges de la production du capital. En effet, au moins 60 % des nouveaux agents pathogènes humains émergent en se répandant des animaux sauvages vers les communautés humaines locales (avant que les plus efficaces ne se répandent dans le reste du monde).» Ils résument ainsi les conditions de la transmission de ces maladies:

«le principe opérationnel sous-jacent est que la cause du Covid-19 et d’autres agents pathogènes de ce type ne se trouve pas seulement dans l’objet d’un agent infectieux ou dans son évolution clinique, mais aussi dans le domaine des relations écosystémiques que le capital et d’autres causes structurelles ont capté à leur propre avantage. La grande variété d’agents pathogènes, représentant différents taxons [entités d’être vivants regroupés, car possédant des caractères en commun], hôtes sources, modes de transmission, évolutions cliniques et résultats épidémiologiques, possède toutes les caractéristiques qui nous font faire les yeux doux à nos moteurs de recherche lors de chaque épidémie, et marque différentes parties et voies le long des mêmes types de circuits d’utilisation des terres et d’accumulation de valeur.» [20]

La restructuration impériale de la production à la fin du XXe et au début du XXIe siècle – que nous connaissons sous le nom de mondialisation – était principalement le résultat de l’arbitrage mondial du travail et de la surexploitation des travailleurs dans le Sud (y compris la contamination délibérée des environnements locaux) au profit principalement des centres mondiaux du capital et de la finance. Mais elle a également été motivée en partie par un arbitrage mondial des terres qui s’est déroulé simultanément par le biais des multinationales de l’agroalimentaire.


Selon Eric Holt-Giménez dans A Foodie’s Guide to Capitalism: Understanding the Political Economy of What We Eat (Monthly Review Press, 2017) «le prix de la terre» dans une grande partie du Sud global «est si bas par rapport à sa rente foncière (ce qu’elle vaut pour ce qu’elle peut produire) que la capture de la différence (arbitrage) entre le bas prix et la rente foncière élevée fournira aux investisseurs un beau profit. Tout bénéfice tiré de la production de cultures est secondaire par rapport à l’accord… Les possibilités d’arbitrage foncier se présentent en amenant de nouvelles terres – avec une rente foncière attrayante – sur le marché foncier mondial où les rentes peuvent en fait être capitalisées» [21]. Une grande partie de ce phénomène a été alimentée par ce que l’on appelle la révolution de l’élevage, qui a fait du bétail une marchandise mondialisée basée sur des parcs géants d’engraissement et des monocultures génétiques [22].

Ces conditions ont été promues par les différentes banques de développement dans le contexte de ce que l’on appelle par euphémisme la «restructuration territoriale». Elle consiste à retirer de la terre les agriculteurs de subsistance et les petits producteurs sur ordre des transnationales, principalement des entreprises agroalimentaires, ainsi que la déforestation rapide et la destruction des écosystèmes. On parle également d’accaparement des terres au XXIe siècle, accéléré par les prix élevés des denrées alimentaires de base en 2008 et à nouveau en 2011, ainsi que par les fonds privés à la recherche d’actifs tangibles face à l’incertitude suite à la grande crise financière de 2007-2009. Il en résulte la plus grande migration de masse de l’histoire de l’humanité, les populations étant chassées de leurs terres dans le cadre d’un processus mondial d’érosion multiface de la paysannerie, modifiant l’agroécologie de régions entières, remplaçant l’agriculture traditionnelle par des monocultures et poussant les populations dans des bidonvilles urbains [23].

Rob Wallace et ses collègues observent que l’historien et théoricien critique des villes, Mike Davis, et d’autres «ont identifié comment ces paysages en voie d’urbanisation agissent à la fois comme marchés locaux et comme centres régionaux pour les produits agricoles mondiaux qui passent par là… En conséquence, la dynamique des maladies forestières, sources premières des agents pathogènes, n’est plus limitée aux seuls arrière-pays. Les épidémiologies qui leur sont associées sont elles-mêmes devenues relationnelles, ressenties à travers le temps et l’espace. Un SRAS peut soudainement se propager à l’homme dans la grande ville, à quelques jours seulement de sa sortie de la caverne des chauves-souris.» [24]

(Article publié par la Monthly Review le 1er juin 2020; traduction rédaction A l’Encontre. Nous publions ici la première partie de cette contribution. La seconde et la troisième seront publiées demain et après-demain.)

John Bellamy Foster, éditeur de la Monthly Review, est l’auteur de nombreux ouvrages connus. Nous citerons ici son dernier publié en juin 2020: The Return of Nature. Socialism and Ecology. Intan Suwandi est l’auteur de l’ouvrage Value Chains. The New Economic Imperialism (Ed. The Monthly Review Press, 2019).

Notes
See John Bellamy Foster, “Late Imperialism,” Monthly Review 71, no. 3 (July–August 2019): 1–19; Samir Amin, Modern Imperialism, Monopoly Finance Capital, and Marx’s Law of Value (New York: Monthly Review Press, 2018).
On the global labor arbitrage and commodity chains, see Intan Suwandi, Value Chains (New York: Monthly Review Press, 2019), 32–33, 53–54. Our statistical analysis of unit labor costs was done collaboratively with R. Jamil Jonna, also published as “Global Commodity Chains and the New Imperialism,” Monthly Review 70, no. 10 (March 2019): 1–24. On the global land arbitrage, see Eric Holt-Giménez, A Foodie’s Guide to Capitalism (New York: Monthly Review Press, 2017), 102–4.
Evan Tarver, “Value Chain vs. Supply Chain,” Investopedia, March 24, 2020.
Karl Marx, “The Value Form,” Capital and Class 2, no. 1 (1978): 134; Karl Marx and Frederick Engels, Collected Works, vol. 36 (New York: International Publishers, 1996), 63. See also Karl Marx, Capital, vol. 1 (London: Penguin, 1976), 156, 215; Marx, Capital, vol. 2 (London: Penguin, 1978), 136–37.
Rudolf Hilferding, Finance Capital (London: Routledge, 1981), 60.
Terence Hopkins and Immanuel Wallerstein, “Commodity Chains in the World Economy Prior to 1800,” Review 10, no. 1 (1986): 157–70.
Marx, Capital, vol. 1, 638.
Karl Marx, Capital, vol. 3 (London: Penguin, 1981), 949–50; Marx, Capital, vol. 1, 348–49.
Robert G. Wallace, Luke Bergmann, Richard Kock, Marius Gilbert, Lenny Hogerwerf, Rodrick Wallace, and Mollie Holmberg, “The Dawn of Structural One Health: A New Science Tracking Disease Emergence Along Circuits of Capital,” Social Science and Medicine 129 (2015): 68–77; Rob [Robert G.] Wallace, “We Need a Structural One Health,” Farming Pathogens, August 3, 2012; J. Zinsstag, “Convergence of EcoHealth and One Health,” Ecohealth 9, no. 4 (2012): 371–73; Victor Galaz, Melissa Leach, Ian Scoones, and Christian Stein, “The Political Economy of One Health,” STEPS Centre, Political Economy of Knowledge and Policy Working Paper Series (2015).
Rodrick Wallace, Luis Fernando Chavez, Luke R. Bergmann, Constância Ayres, Lenny Hogerwerf, Richard Kock, and Robert G. Wallace, Clear-Cutting Disease Control: Capital-Led Deforestation, Public Health Austerity, and Vector-Borne Infection (Cham, Switzerland: Springer, 2018), 2.
Wallace et al., “The Dawn of Structural One Health,” 70–72; Wallace, “We Need a Structural One Health”; Rob Wallace, Alex Liebman, Luis Fernando Chaves, and Rodrick Wallace, “COVID-19 and Circuits of Capital,” Monthly Review 72, no.1 (May 2020): 12; István Mészáros, Beyond Capital (New York: Monthly Review Press, 1995); Richard Levins and Richard Lewontin, The Dialectical Biologist (Cambridge, MA: Harvard University Press, 1985).
Rob Wallace, Big Farms Make Big Flu (New York: Monthly Review Press, 2016), 60–61, 118, 120–21, 217–19, 236, 332; Rob Wallace, “Notes on a Novel Coronavirus,” MR Online, January 29, 2020. On the Lauderdale Paradox, see John Bellamy Foster, Brett Clark, and Richard York, The Ecological Rift (New York: Monthly Review Press, 2010), 53–72.
See John Bellamy Foster, The Return of Nature (New York: Monthly Review Press, 2020), 61-64, 172-204; Frederick Engels, The Condition of the Working Class in England (Chicago: Academy Chicago, 1984); E. Ray Lankester, The Kingdom of Man (New York: Henry Holt, 1911), 31–33, 159–91; Richard Levins, “Is Capitalism a Disease?,” Monthly Review 52, no. 4 (September 2000): 8–33. See also Howard Waitzkin, The Second Sickness (New York: Free Press, 1983).
Wallace, Big Farms Make Big Flu, 53.
Wallace, Big Farms Make Big Flu, 49.
Wallace, Big Farms Make Big Flu, 33–34.
Wallace, Big Farms Make Big Flu, 81.
Mathilde Paul, Virginie Baritaux, Sirichai Wongnarkpet, Chaitep Poolkhet, Weerapong Thanapongtharm, François Roger, Pascal Bonnet, and Christian Ducrot, “Practices Associated with Highly Pathogenic Avian Influenza Spread in Traditional Poultry Marketing Chains,” Acta Tropica 126 (2013): 43–53.
Wallace, Big Farms Make Big Flu, 306; Wallace et al., “The Dawn of Structural One Health,” 69, 71, 73.
Wallace et al., “COVID-19 and Circuits of Capital,” 11.
Holt-Giménez, A Foodie’s Guide to Capitalism, 102–5.
Philip McMichael, “Feeding the World,” in Socialist Register 2007: Coming to Terms with Nature, ed. Leo Panitch and Colin Leys (New York: Monthly Review Press, 2007), 180.
Farshad Araghi, “The Great Global Enclosure of Our Times,” in Hungry for Profit, ed. Fred Magdoff, John Bellamy Foster, and Fredrick H. Buttel (New York: Monthly Review Press, 2000), 145–60.
Wallace et. al., “COVID-19 and Circuits of Capital,” 6; Mike Davis, Planet of Slums (London: Verso, 2016); Mike Davis interviewed by Mada Masr, “Mike Davis on Pandemics, Super-Capitalism, and the Struggles of Tomorrow,” Mada Masr, March 30, 2020.

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