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Brésil : le pouvoir s’empresse à livrer aux multinationales le méga champ pétrolifère Pré-Sal

Do Investig´Action, 03 Outubro, 2018 
Por FUP


Le cinquième tour d’enchères concernant le Pré-Sal, qui a eu lieu le 28 septembre, a permis aux multinationales de continuer à s’approprier la plupart des réserves de ce méga champ pétrolifère. « C’était la première facture à payer parmi d’autres, par le peuple Brésilien, après le coup d’État institutionnel de 2016. C’est la raison pour laquelle, nous devons élire le 7 octobre, un gouvernement et un Congrès, engagés pour les intérêts de la nation. C’est la seule façon d’empêcher la braderie du Pré-Sal », a affirmé le coordinateur de la FUP.

Comme c’était prévu, les grands groupes pétroliers étrangers ont fait la fête pendant le cinquième tour d’enchères du Pré-Sal, où ils se sont fait adjuger plus de 90% des 17,39 milliards de barils en vente. Le gouvernement brésilien a ramassé 1,45 milliards d’euros, ce qui équivaut à la bagatelle de 0,08 euros le baril de pétrole.
Afin de protester contre ce crime qui porte atteinte à la patrie, la FUP et ses syndicats ont organisé des manifestations en face des sièges de l’agence nationale pétrolière – ANP – à Rio de Janeiro et de Petrobrás sur l’avenue Paulista, à São Paulo. Les syndicats ont aussi compté sur des mobilisations dans toutes les bases de la compagnie pétrolière. Le mardi 25 septembre, la FUP a aussi engagé le dépôt d’une action civile qui demandait la suspension du cinquième tour d’enchères.




« Et vous dites que le coup d’État a été contre le PT ? ». À gauche, « Avant : ressources du Pré-Sal ; 75% allouées à l’Éducation, 25% allouées au système de Santé ». À droite, « Après : ressources du Pré-Sal ; 100% alloués aux entreprises étrangères »

Tous les quatre blocs proposés aux enchères par l’ANP ce vendredi 28, ont été adjugés en quelques minutes. L’anglo-hollandais Shell et le nord-américain Chevron se sont partagés Saturno, le bloc le plus juteux, avec ses réserves estimées à 8,3 milliards de barils, sur le bassin de Santos. Exxon Mobil (EUA), BP (Royaume Uni), CNOOC (Chine), QPI (Qatar) et Ecopetrol (Colombie) se sont répartis les autres deux blocs sur le bassin de Santos – Titã et Pau Brasil – tandis que Petrobrás, l’entreprise d’État brésilienne, s’est contentée du bloc le moins convoité, Tartaruga Verde sur le bassin de Campos.

Le gouvernement Temer, sans être élu et donc illégitime, effectue sur le régime de « partage de production », le quatrième tour d’enchères en deux ans concernant le Pré-Sal. Dans ce court laps de temps, les groupes pétroliers étrangers ont déjà avalé la plupart des réserves présentées aux enchères et contenues dans ce méga champ.

Au total, 13 multinationales se sont déjà emparées de réserves équivalentes à 38,8 milliards de barils sur un total de 51,83 milliards mis aux enchères. Tous ces groupes détiennent 75% des réserves dans 6 blocs où ils jouent le rôle d’opérateur, sur un ensemble de 14 blocs mis en licitation. Du deuxième au quatrième tour d’enchères le groupe français Total, le portugais Galp, le norvégien Statoil et l’espagnol Repsol se sont aussi fait adjuger des parts importantes dans d’autres blocs [NdT].




Avec Petrobrás hors d’action, le champ Pré-Sal devient un butin pour les géants du pétrole [NdT] – Illustration d’Amorim.

Shell et BP se sont déjà accaparées de réserves estimées à 13,5 milliards de barils, plus que l’entreprise étatique Petrobrás, qui a acquis au total 13,03 milliards de barils dans les cinq tours d’enchères de l’ANP.

Le coordinateur de la FUP, Simão Zanardi Filho déclare : « C’est le paiement du coup de 2016. Est-ce qu’il y a encore des doutes à ce propos ? » En rappelant que dès que le Sénat a approuvé la destitution de Dilma Rousseff, le Congrès a voté aussi vite le projet du sénateur José Serra – du parti de centre droit, PSDB de São Paulo – qui avait promis aux groupes étrangers d’enlever à Petrobrás l’exclusivité des opérations sur le champ Pré-Sal. Ils ont aussi voté que l’entreprise d’État n’ait plus l’obligation de détenir un quota minimal de 30% des participations mises aux enchères.

« C’était la première facture à payer parmi d’autres, par le peuple Brésilien, après le coup d’État institutionnel de 2016. C’est la raison pour laquelle, nous devons élire le 7 octobre, un gouvernement et un Congrès, engagés pour les intérêts de la nation. C’est la seule façon d’empêcher la braderie du Pré-Sal », a afirmé Simão.



Traduit du portugais par Paulo Correia pour Le Journal Notre Amérique

Source : Union syndicale des pétroliers brésiliens – FUP

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