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Brésil : Haddad est le candidat du Parti des Travailleurs à l’élection présidentielle



Do Investi´Action. 13 de Setembro, 201
LUIZ INÁCIO LULA DA SILVA



La présidente nationale du Parti des Travailleurs – PT – et sénatrice de l’État du Paraná, Gleisi Hoffmann a annoncé ce mardi 11 septembre, que Fernando Haddad est le candidat du parti à la présidence de la République. L’action officielle s’est tenue à Curitiba, face au siège de la police fédérale, où est maintenu comme prisonnier politique l’ex-président Lula. « Nous acceptons le défi du président Lula de ne pas laisser le peuple Brésilien sans option dans l’élection. Nous sommes ici pour présenter Fernando Haddad en tant que représentant de Lula » a souligné la sénatrice qui a ensuite fait connaitre l’existence d’une lettre écrite par Lula lui-même. La lettre a été lue par l’un des fondateurs du PT, Eduardo Greenhalgh.

La présidente nationale du PT et sénatrice de l’État du Paraná, Gleisi Hoffmann a annoncé ce mardi 11 septembre, que Fernando Haddad est le candidat du parti à la présidence de la République. L’action officielle s’est tenue à Curitiba, face au siège de la police fédérale, où est maintenu comme prisonnier politique l’ex-président Lula.
Gleisi Hoffmann a affirmé que les « pétistes » – membres du PT – ont toujours cru, jusqu’au bout à la candidature de Lula et ont utilisé toutes leurs ressources pour essayer d’y parvenir.

« C’est malheureux, ce qui arrive à la démocratie brésilienne. Aujourd’hui c’était la date limite pour présenter notre candidature, alors que la Cour suprême n’a toujours pas prononcé sa réponse à notre dernière demande »… « Lula a écrit aujourd’hui un communiqué où nous pouvons lire que, le PT même sans lui, doit avoir un candidat à la présidence de la République ».

« Nous acceptons le défi du président Lula de ne pas laisser le peuple Brésilien sans option dans l’élection. Nous sommes ici pour présenter Fernando Haddad en tant que représentant de Lula »

La sénatrice a fait connaître l’existence d’une lettre écrite par Lula, lue par l’un des fondateurs du PT, Eduardo Greenhalgh. Lisez l’intégralité du communiqué :

Lettre de Lula dirigée au peuple Brésilien

« Je veux demander, de tout mon cœur, à tous ceux qui voteraient pour moi, de voter pour le camarade Fernando Haddad dans l’élection à la présidence de la République »


11 septembre 2018, 17:26 (BR)


Mes amis/es,


Vous avez déjà constaté que les tribunaux ont empêché ma candidature à la présidence de la République. A vrai dire, ils ont interdit au peuple Brésilien de voter librement et de changer la triste réalité du pays.

Je n’ai jamais accepté l’injustice et je ne l’accepterai jamais. Il y a plus de 40 ans que je suis auprès du peuple, à défendre l’égalité et la transformation du Brésil dans un pays plus juste et meilleur. Quand j’ai parcouru notre pays, j’ai vu la souffrance qui brûle dans l’âme des gens et l’espoir qui brille à nouveau dans leurs yeux. J’ai vu leur indignation contre les très funestes événements qui leur arrivent et l’envie de vivre mieux à nouveau.

C’est pour corriger ces erreurs et renouer avec l’espoir dans l’avenir que j’ai décidé d’être candidat à la présidence. Malgré les mensonges et la persécution, le peuple nous a embrassé dans les rues et nous a porté en tête de tous les sondages.

Cela fait plus de cinq mois que je suis emprisonné injustement. Je n’ai commis aucun crime et j’étais condamné par la presse bien avant que mon jugement ait eu lieu. Je continue à défier les procureurs de l’opération « Lava Jato », le juge Sérgio Moro et le TRF-4 de présenter une quelconque preuve contre moi, car personne ne peut être condamné pour des délits qu’il n’a pas commis, pour de l’argent qu’l n’a pas détourné, pour des actions indéterminées.

Ma condamnation est une farce judiciaire, une vengeance politique basée toujours sur des mesures d’exception contre moi. Ils ne veulent pas interdire le citoyen Luiz Inácio Lula da Silva, ils veulent interdire « le projet Brésil » approuvé dans quatre élections consécutives par une majorité, interrompu seulement après un coup contre la présidente légitimement élue et qui n’a commis aucun délit de responsabilité, jetant ainsi le pays dans le chaos.

Vous me connaissez bien et vous savez que je n’abandonnerai jamais la lutte. J’ai perdu ma compagne Marisa, plongée dans l’amertume des événements qui ont atteint notre famille. Afin de pouvoir aussi honorer sa mémoire, je n’ai jamais renoncé au combat. J’ai fait face aux accusations, en me basant sur la loi et le droit. J’ai dénoncé les mensonges et les abus d’autorité que j’ai subis dans tous les tribunaux. Même le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU a reconnu mon droit à être candidat.

La communauté juridique nationale et internationale s’est indignée face aux aberrations commises par Sérgio Moro et par le Tribunal de Porto Alegre. L’attentat à la démocratie, qui a perverti mon procès, a été dénoncé par divers hauts dirigeants mondiaux. Même la presse internationale a montré au monde ce que le réseau Globo a essayé de cacher.

Et pourtant les tribunaux brésiliens m’ont refusé le droit qui est accordé à tous les citoyens par la Constitution, pourvu qu’il ne s’appelle pas Luiz Inácio Lula da Silva. Ils ont désavoué la décision de l’ONU et ont bafoué le pacte international relatif aux droits civils et politiques que le Brésil a signé souverainement.

Le système judiciaire brésilien, par son action, omission et temporisation, a privé le pays d’un processus électoral avec toutes les forces politiques et on a retiré ainsi au peuple le droit de voter librement. On veut maintenant m’interdire de parler au peuple et même d’apparaître à la télévision. On me censure comme à l’époque de la dictature.

Peut-être que tout cela ne serait pas arrivé si je ne me trouvais pas en tête dans tous les sondages d’intention de vote. Peut-être que je ne serais pas en prison si j’avais abandonné l’idée de me présenter aux élections. Mais je n’échangerais jamais ma dignité contre ma liberté, car j’ai un pacte avec le peuple Brésilien.

Ils m’ont appliqué artificiellement la loi d’inéligibilité – « Lei da Ficha Limpa » – afin d’être soustrait de la dispute électorale, mais cela ne devrait pas servir de prétexte pour laisser emprisonner l’avenir du Brésil.

C’est face à cette réalité qu’il me faut prendre une décision dans le délai qui m’a été imposé arbitrairement. Je désigne au PT et à la coalition « Le Peuple Heureux à Nouveau » le remplacement de ma candidature par celle du camarade Fernando Haddad, qui jusque-là a assumé la position de candidat à vice-président avec une profonde loyauté.

Fernando Haddad a été mon ministre de l’Éducation et responsable par une des plus importantes transformations opérées dans le pays. Ensemble nous avons ouvert la porte de l’Université à presque quatre millions d’étudiants en provenance de l’enseignement publique – noirs, indigènes, fils d’ouvriers – qui n’avaient pas cette opportunité auparavant.

Ensemble nous avons créé le « Prouni » (bourses d’études du programme « Université pour tous »)–, le « nouveau Fies » (prêts étudiants à taux zéro), les quotas (qui favorisent l’accès à l’enseignement supérieur des étudiants en provenance de l’école publique) –, le « Fundeb » (Fond pour le développement de l’enseignement primaire et de valorisation des professionnels de l’éducation), l’« Enem » (épreuve universelle équivalente au Baccalauréat et qui permet l’accès à l’Université) – , le « plan pour l’Éducation nationale », le « Pronatec » (programme national d’accès à l’enseignement technique et à l’emploi)* – et nous avons construit quatre fois plus d’Écoles techniques que durant les cent années qui nous ont précédées. Nous avons conçu le futur.

Haddad est le coordinateur de notre plan gouvernemental qui a comme objectif : sortir le pays de la crise. Ce plan a été construit par des milliers de contributions citoyennes et nous avons discuté chacun de ses points ensemble. Il sera mon représentant dans cette bataille pour reprendre la voie du développement et de la justice sociale.

S’ils veulent nous faire taire et nous empêcher de mettre en place notre projet pour le pays, ils se trompent. Nous sommes vivants dans le cœur et dans la mémoire du peuple. Notre nom maintenant est Haddad.

À ses côtés comme candidate à la vice-présidence nous avons la camarade Manuela d’Ávila, qui confirme notre alliance historique avec le PCdoB – Parti Communiste du Brésil. Nous avons aussi le soutien d’autres forces politiques, comme le PROS, des secteurs du PSB, des dirigeants d’autres partis et principalement des mouvements sociaux, des travailleurs des villes et des campagnes – les représentants suprêmes des forces démocratiques et populaires.

Notre loyauté, la mienne, celle de Haddad et de Manuela, est d’abord à l’égard du peuple, des gens qui rêvent de revivre dans un pays où tout le monde a de quoi manger, un travail, un salaire digne, des lois qui protègent ceux qui travaillent ; où les enfants accèdent à l’école et où les jeunes ont un avenir ; que les familles puissent acheter une voiture, une maison et puissent continuer de rêver et de s’accomplir de plus en plus. Un pays où tout le monde a sa chance et où personne n’a des privilèges.

Je sais qu’un jour justice sera faite et que mon innocence sera reconnue. Ce jour-là je serai avec Haddad afin de former le gouvernement du peuple et de l’espoir. Nous serons tous là ensemble pour construire un Brésil heureux à nouveau.

Je veux remercier pour leur solidarité ceux qui m’envoient des messages et des lettres, qui prient pour moi, qui font des actions publiques en faveur de ma liberté, qui protestent à travers le monde contre la persécution et pour la démocratie et en particulier ceux qui m’accompagnent tous les jours en veillant juste en face de l’endroit où je suis.

Un homme peut se faire emprisonner injustement, mais ses idées seront toujours libres. Aucun oppresseur ne peut être plus grand que le peuple. C’est la raison pour laquelle nos idées vont parvenir à toucher tout le monde à travers la voix du peuple, plus haut et plus fort que les mensonges du réseau Globo.

Je veux demander, de tout mon cœur, à tous ceux qui voteraient pour moi, de voter pour le camarade Fernando Haddad, candidat à l’élection présidentielle. Je vous demande aussi de voter pour tous nos candidats qui se présentent pour les sièges de gouverneur, député et sénateur, en vue de construire un pays plus démocratique, souverain, sans privatisations d’entreprises publiques, avec plus de justice sociale, d’éducation, de culture, de science et technologie, plus de sécurité, plus d’habitations, un meilleure système de santé, plus d’emplois, des salaires dignes et pour la mise en place d’une réforme agraire.

Nous sommes déjà des millions de Lulas et dorénavant, Fernando Haddad sera Lula vis-à-vis de millions de Brésiliens.



À bientôt mes amis/es. Jusqu’à la victoire !

Une accolade de votre ami de vieille date,

Luiz Inácio Lula da Silva
11 septembre 2018



[*] Note du Traducteur

Traduit du portugais par Paulo Correia pour Le Journal Notre Amérique

Source : https://www.brasil247.com/pt/247/parana247/368473/Gleisi-anuncia-Haddad-candidato-n%C3%A3o-deixaremos-o-brasileiro-sem-op%C3%A7%C3%A3o.htm

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