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Environnement. Ouragans, changement climatique et dévastations

La Havane après le passage d’Irma

Do Alencontre, 16 de setembro, 2017
Por Angel Guerra Cabrera


Cette année a été particulièrement prodigue en désastres «naturels». Entre le 17 août et aujourd’hui, 14 septembre 2017, les Etats des Caraïbes et les Etats-Unis ont enduré les assauts des ouragans Harvey, Irma, José et Katia. Le 7 septembre 2017, le Mexique subissait les ravages d’un des plus importants tremblements de terre de son histoire [depuis 1985], et ce presque en même temps que le cyclone Katia. Le tremblement de terre a dévasté Juchitan et tout l’isthme de Tehuantepec à Oaxaca et a frappé de nombreuses municipalités du Chiapas. Le cyclone s’est abattu sur des zones de Veracruz et de Tamaulipas. Ces deux phénomènes ont entraîné ensemble 90 morts.

La question des ouragans et de l’influence exercée par le changement climatique en ce qui concerne leur périodicité, l’augmentation de leur catégorie et donc de leur pouvoir destructeur et la menace qu’ils représentent pour les vies et les biens, est de la plus grande importance pour les peuples et pour les gouvernements des régions des Caraïbes et du golfe du Mexique, y compris les Etats-Unis. Il existe des preuves scientifiques accablantes sur l’incidence du changement climatique dans la production, du moins dans leur intensité, de ces phénomènes météorologiques extrêmes. Lors du passage de l’ouragan Harvey aux Etats-Unis, plusieurs chercheurs renommés l’ont affirmé catégoriquement.

C’est notamment le cas de James Hansen, ex-responsable du changement climatique de la NASA et qui a des fonctions analogues à l’Université de Columbia. Il a déclaré sur le site réputé Democracy Now: «Comme conséquence des changements dans la composition de l’atmosphère, provoqués fondamentalement par la combustion des fossiles, la planète est en train de se réchauffer et le niveau de la mer a commencé à monter étant donné que l’océan est en train de se réchauffer et les glaces de fondre. Le volume de vapeur d’eau dans l’atmosphère augmente parce que l’atmosphère se réchauffe, par conséquent, la quantité d’eau qui tombe durant ces tempêtes est plus importante à cause du réchauffement global provoqué par l’être humain. Les orages électriques, les tornades et les orages tropicaux tirent leur énergie de l’énergie qui est latente dans la vapeur de l’eau. Ces types d’orages sont en grande partie le résultat des effets provoqués par l’être humain».

Le site web Carbon Breef a pour sa part publié une carte éloquente qui reflète l’étude de l’influence du changement climatique dans 144 évènements météorologiques extrêmes analysés dans 139 articles scientifiques arbitrés.

Il n’y a aucun doute que le mode de production-consommation capitaliste est la cause fondamentale du changement climatique. Tant que persistera le modèle de production et de consommation actuel, irrationnel et suicidaire, il ne sera pas possible d’éradiquer l’origine de ce que John Saxe-Fernandez appelle «l’effondrement climatique.» Néanmoins j’espère qu’il ne faudra pas attendre le renversement du capitalisme pour avancer dans la lutte contre le désordre climatique. On peut obtenir beaucoup, déjà, en éduquant les personnes sur ce gravissime danger et en organisant des luttes populaires pour obliger les Etats capitalistes à adopter des mesures qui réduisent les causes et les effets du phénomène.

Le fait que Trump représente un courant qui nie le changement climatique dans le pays capitaliste qui est, au plan historique, celui que pollue et qui gaspille le plus, renforce la nécessité que la gauche et les gouvernements progressistes mettent en première place de leurs agendas la lutte contre ce fléau.

Pour le moment, il est urgent de faire preuve de solidarité avec les pays affectés par les ouragans, surtout avec les pays pauvres – et leur population –, en particulier ceux qui subissent un blocus et des sanctions par les Etats-Unis (Cuba, Venezuela), tout comme avec les défavorisé·e·s de n’importe quel pays. Un silence médiatique pervers, presque total, a régné au sujet du passage destructeur de l’ouragan Irma à Cuba. Cuba est la nation dont l’ensemble du territoire a été le plus dévasté ou affecté par cet événement. Néanmoins Cuba a lancé des actions de solidarité avec les Etats les plus affectés des Caraïbes, comme Antigua et Barbuda.

Face à Irma, Cuba s’est distingué par la conscience politique, la discipline, l’organisation et la prévoyance. En observant comment Cuba a réagi au cours de l’ouragan, on comprend que c’est seulement grâce à ces facteurs, à l’expérience de défense civile accumulée massivement par les Cubains et aux mesures extraordinaires de protection adoptées, qu’il a été possible d’éviter une perte plus importante de vies humaines et d’atténuer la perte de biens matériels.

Dès la fin du passage d’Irma par l’île, un essaim humain, animé et supervisé par Raul Castro, a immédiatement entrepris les travaux de récupération, dont certains dureront longtemps. (Article publié par Alainet.org le 14 septembre 2017; traduction A l’Encontre)

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